DUERP ExpertiseL'expertise au cordeau

Méthode

La démarche d'évaluation des risques, étape par étape

Le document unique n'est pas une fin en soi : il transcrit les résultats d'une évaluation des risques menée pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs. La qualité du DUERP dépend entièrement de la rigueur de cette évaluation. Voici la démarche que nous appliquons.

1. Découper l'entreprise en unités de travail

L'évaluation comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l'entreprise ou de l'établissement (art. R4121-1). Tout commence donc par un découpage net : regrouper les situations de travail qui partagent les mêmes expositions, sans en oublier ni en multiplier inutilement. Un découpage trop grossier masque des risques ; trop fin, il rend le document illisible. Comment définir une unité de travail.

2. Identifier les dangers

Pour chaque unité de travail, il s'agit d'identifier les dangers auxquels les salariés peuvent être exposés, puis d'apprécier les risques associés à cette exposition. C'est le point d'amorce de la démarche de prévention. L'inventaire couvre l'ensemble des familles de risques, y compris les risques psychosociaux : l'obligation générale de sécurité impose à l'employeur de protéger la santé physique et mentale des travailleurs (art. L4121-1).

3. Coter pour hiérarchiser

Une fois les risques inventoriés, il faut les hiérarchiser pour décider par où commencer. La cotation gravité × fréquence est la méthode usuelle, reprise notamment par les outils de l'INRS. Précision importante : le Code du travail n'impose pas de méthode de cotation ni de matrice particulière : c'est une bonne pratique méthodologique, pas une obligation légale. Bien conçue, elle rend les priorités lisibles. Voir comment construire une cotation.

4. Construire le plan d'action

L'évaluation débouche sur des suites concrètes. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, ce sont des actions de prévention consignées dans le DUERP et ses mises à jour. À partir de 50 salariés, les résultats alimentent un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT), prévu par l'art. L4121-3-1.

5. Maintenir le document à jour

Le DUERP se met à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins onze salariés, ainsi que lors de toute décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail, et dès qu'une information nouvelle intéressant l'évaluation d'un risque est portée à la connaissance de l'employeur (art. R4121-2). Les versions successives sont conservées 40 ans (art. R4121-4).

Pour replacer cette démarche dans son contexte général et comparer les approches, vous pouvez consulter une présentation détaillée de la démarche d'évaluation des risques professionnels proposée par ailleurs.

Ce qui distingue une évaluation solide

Un découpage fidèle au terrain, des dangers identifiés sans angle mort, une cotation cohérente d'une unité à l'autre, et un plan d'action réellement suivi : c'est cette continuité (l'expertise au cordeau) qui rend un DUERP opposable et utile, plutôt qu'un formulaire rempli une fois pour la forme.

Sources : Code du travail, art. L4121-1, L4121-3-1, R4121-1, R4121-2, R4121-4 (Légifrance) ; INRS, démarche d'évaluation des risques.

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